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De plus, il atteint des ratio de 80% d’avis favorables de la part des lecteurs. Mais toute médaille ayant son revers, Gô NAGAI ne tarde pas à s’attirer les foudres de la PTA (Parental and
Teacher Association), sorte de commission de censure et de vertu, qui incendieront aussi plus tard les B D de Masakazu KATSURA avec Vidéo Girl Ai). Entre Gô NAGAI et cette association ce sera une longue histoire ponctuée
de réunions fréquentes. Mais paradoxalement, le salut de Gô NAGAI viendra de la part des enfants qui écriront en masse à Shûeisha et plébisciteront le manga d’Harenchi Gakuen. Son manga ayant de plus en plus de succès, il
devait produire de plus en plus, et les médias commençaient à se faire de plus en plus envahissant à son égard. Gô NAGAi prit donc la décision de partir avec son staff dans un hôtel de Tokyo où ils pourraient continuer à bosser
tranquillement. Mais comme il avait déjà connu ce genre de situation auparavant, la Shûeisha, fière de son succès, ne lui offre pas l’opportunité de dessiner ce qu’il veut vraiment. La seule chance qui lui reste donc de devenir
une sorte d’indépendant qui ne serait pas soumis aux desiderata des éditeurs. Il fonde alors Dynamic Productions à l’âge de 25 ans, en 1970. Cette société qui comptait 7 à 8 employés à ses débuts, en compte désormais25. Elle
gère toutes les productions de Gô NAGAI sous quelques supports que ce soit (papier, film, CD, etc) et ceci, pour le monde entier, lui a permis d’acquérir une certaine indépendance par rapport aux grandes maisons d’édition, et
ainsi, petit à petit, de pouvoir imposer les histoires qui lui ont toujours tenu à coeur. De plus, cela lui a permis de gérer l’énorme concurrence de la part des nouveaux dessinateurs qui arrivaient sur le devant de la scène,
et ce avec plus de sérénité car il y avait Dynamic Productions qui faisait une sorte de rempart. Et la concurrence au sein de Shônen Jump devenait très forte avec des nouveaux dessinateurs comme George AKIYAMA, oi Hiroshi
MOTOMIYA (Ginga Kin). Néanmoins Gô reconnaîtra volontiers que cette époque de concurrence et d’émulation lui fut très bénéfique. Il rencontra à la même époque un dessinateur qui deviendra son collaborateur et travaillera à
Dynamic Productions: Ken ISHIKAWA. Celui- ci créera plus tard la trilogie des Getter Robot. Gô NAGAI va ensuite créer une nouvelle BD pour les éditions Akita Shoten et leur revue Shônen Champion appelée Abashiri Ikka (la
famille Abashiri) . Gô voulait que le personnage principal de ses histoires soit une femme. Bien sûr, le personnage de Jubehei Yanagiyu d( Harenchi était une femme mais elle n’avait pas réellement le rôle titre; les maisons
d’édition n’étaient pas très enthousiastes à l’idée qu’une femme soit l’héroine d’une BD destinée à un public masculin, mais c’était bien mal connaître Gô NAGAI qui persévéra et réussit à imposer le personnage de Kiku no Suke
comme personnage principal de sa série. Là encore ce fut un grand succès et Gô prouva ainsi aux grands directeurs que le manga évoluait plus que ce à quoi ils s’attendait. C’est à ce moment-là que Gô décida de laisser un peu le
style humoristique de côté et de passer à des histoires un peu “action”. Il débarque dans le manga de science-fiction en 1970. Ce domaine est quand même relativement nouveau pour lui, mais qu’à cela ne tienne, il est prêt à
relever le défi et il s’attelle déjà à sa nouvelle BD avec un nom court mais qui résonne déjà très fort: Oni (Démons).
5ème partie: le monde SF de Gô NAGAI:
Les “choses” du manga étant ce qu’elles étaient à l’époque, c’est-à-dire un peu strictes et bien délimitées, la maison Kôdansha ne lui demanda pas de faire une nouvelle série, mais vu le sujet de la BD, c’était
plutôt une sorte de récit complet d’une centaine de pages. Gô se retrouverait en une sorte de guest star (invité) et il était libre de faire ce qui lui plaisait. Gô sentit alors que c’était une chance qu’il ne fallait surtout
pas laisser filer. Le personnage principal serait un homme , Oni, qui aurait été créé à l’aide de manipulations génétiques, dans une société futuriste, mais alors que Gô commençait à plancher sur sa BD, il tomba subitement
malade atteint de fortes fièvres, il ne parvenait même plus à dessiner ses autres BD dont notamment Kikkai-kun, pour les différents magazines. Dès lors qu’il était lancé dans ce métier, Gô s’était fixé un leitmotiv de toujours
rendre ses BD dans les temps, mais pour la première fois dans sa carrière, ce ne fut pas le cas. Néanmois, malgré ces problèmes Gô termina son récit, qui remporta un énorme succès, mais surtout cela permit à Gô d’entrer dans le
cercle des auteurs de SF et d’obtenir un réel respect de la part des autres auteurs. On demanda alors à Gô de créer d’autres histoires de ce type, mais pour éviter que ce genre de choses lui arrivent de nouveau. Gô va
s’organiser d’une manière plus stricte encore et continuer les diverses BD comiques avant de revenir dans le milieu de la SF.Tout en dessinant ses diverses histoires, Gô échafaudait un nouveau scénario de lutte des forces du
bien et du mal, mais il manquait un petit quelque chose d’accrocheur. Gô s’est alors dit qu’ Oni était le combat d’un démon créé par les hommes et qui se retournait contre eux, cette fois le héros serait un véritable
démon. Mahô Dante prenait forme. La série sera publiée entre janvier et mai 1971 dans le magazine Bokura chez Kôdansha. Malheureusement, la BD ne sera jamais achevée car Gô préparait son prochain manga de Sf. Elle fut remplacée
par une sorte d’épisode pilote de Devilman. Mais cette fois ce ne serait plus une histoire ponctuelle mais une série s’étalant sur plusieurs volumes.Le premier jour du mois de juin 1972, Devilman déferlait dans les pages de la
revue Shônen Magazine aux éditions Kôdansha. Le succès fut quasi-immédiat et tel que l’adaptation animée de la série, qui sera la première adaptation d’un manga de Gô, et la première d’une longue série d’adaptation en animation
était beaucoup plus soft que la BD, tant au niveau de la violence qu’au niveau de la psychologie des personnages. Gô fut réellement trèssurpris de ce succès et du battage médiathique qui fut fait autour de son oeuvre. Certaines
personnages allant meme jusqu’à affirmer qu’il y avait des points communs entre les aventures de Devilman et l’évangile selon Saint-Jean. Le plus surprenant, en effet, est non seulement le fait qu’il y ait bien des
similitudesentre ces deux oeuvres, mais surtout dans le fait que Gô n’avait jamais lu les Evangiles auparavant. Et pourtant, dessiner Devilman ne fut pas une partie de plaisir, car cela demandait une grande concentration et une
grande tension nerveuse en découlait. Il n’était pas rare de voir Gô s’effondrer littéralement après avoir dessiné une seule page.
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