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Comme il l’avait fait lui-même remarquer lors de différentes interviews << dessiner des petites histoires humoristiques était très relaxant, mais dès lors que j’ai dessiné
des histoires plus sombres, ou alors avec des démons, cela a changé du tout
au tout : dessiner des histoires sombres me demandait énormément d’énergie et d’efforts. J’avais l’impression à chaque fois de pousser une porte donnant sur une autre dimension. J’étais littéralement crevé, vidé de toute énergie >>. Ayant laissé un peu de coté ses histoires sombres, Gô va alors s’essayer à un autre genre de BD qui achèvera de la propulser au Panthéon des grands auteurs de SF : les robots géants !L’idée de Mazinger Z lui est apparu alors qu’il observait un embouteillage et la longue file de véhicules. Il développa alors rapidement une esquisse du robot qui aurait un véhicule qui s’insérerait dans sa tête, et qui lui permettait ainsi de se mouvoir. Gô soumit alors son projet aux dirigeants de la Tôei Animation qui furent emballées et mirent immédiatement en chantier la production de la série. De ce fait, et chose assez rare dans le domaine de l’animation, le premier épisode de Mazinger Z fut diffusé alors que la BD n’était pas encore sortie. Cette fois encore Gô du assurer une BD supplémentaire. Et dire qu’il s’était mis au dessin par passion et pour se faire plaisir! Alors qu’il était déjà bien occupé et que Devilman touchait à sa fin, il cherchait déjà une nouvelle idée de scénario. Il se replongea dans ses souvenirs d’enfance, notamment dans les oeuvres de Sampei SHIRATO et de ses héros sans foi ni loi. Il décida de transposer l’action de son futur manga et de son héros dans un monde post-apocalyptique, et de lui donner un titre choc. Décidé, il appelle sa série Violence Jack. A peine commencée, ses éditeurs ne tardèrent pas à lui demander d’arrêter cette série car elle était réellement trop violente, et qu’ils craignaient des plaintes de la part des ligues de vertu comme la PTA entres autres. Gô expliqua alors que dans un tel monde où il n’y avait plus d’autre loi que celle du plus fort, il n’avait pas d’autres choix que de la montrer. Paradoxalement, cette série qui est une des plus violentes deviendra aussi une des plus longues séries du maître avec près de 7000 pages. En outre, c’est aussi une des séries les plus accomplies de Gô, avec un scénario solide, énormément de références à ses BD précédentes avec l’apparition des personnages de ces manga et surtout un final extraordinaire et qui nous éclaire enfin sur de nombreuses questions restées sans réponses jusqu’alors. Après l’ère Devilman et Violence Jack, Gô recherchait un nouveau personnage, il décida alors que ce serait un personnage féminin, une sorte d’androide aux pouvoirs transmorphiques. Gô crée alors Cutey Honey. Malheureusement cette histoire ne sera pas très longue et Gô se tourne déjà vers sa prochaine BD. Il va esquisser, cette fois, dans un monde un peu plus heroic fantasy, monde qui remportait un franc succès en occident, et qui plus est, offrait un nouveau terrain de recherches assez illimité. Gô se concentra sur un monde pluridimensionnel doté de personnages allant de l’humain aux démons, en passant par quantités de créatures plus ou moins étranges. Le monde de Shuten Dôji était né ! Après l’approbation de la Kôdansha, Gô se mit au travail. Mais l’histoire de cet enfant mi-humain, mi-démon va poser pas mal de problèmes à NAGAI. En effet, alors qu’il s’était attelé à son travail, Gô ressentit d’étranges malaises comme il en avait déjà connu à l’époque d’Oni et de Devilman. Il fut saisi de violentes fièvres sans raisons apparentes. Lorsqu’il fut pris en photo , il s’aperçut en la voyant, qu’il y avait une sorte d’ectoplasme à la place de ses pieds et qu’il avait une sorte de brume en forme de “tête de mort” derrière lui. Mais cela ne se limita pas seulement à sa personne, sa mère aperçut des sortes de feu follets flottant ai dessus du lit parental.Tous ces événements l’avaient d’autant plus marqué que Gô ne croyait pas réellement aux fantômes, et qu’il n’avait pas d’opinions précises à ce sujet. De plus il n’avait pas rêvé de ces créatures depuis qu’il avait l’âge de trois ans. Pour lui, cela ne faisait plus de doutes, même s’il ne se sentait pas réellement possédé au vrai sens du terme par quelques créatures que ce soient, il était clair qu’il était très réceptif à ce genre de phénomènes, comme pourrait l’être un médium par exemple. Il avait une sorte de relation privilégiée avec ce monde et quoi qu’il en fut, ces démons avaient et dirigeaient encore une partie de sa vie .Reconnu depuis quelques temps déjà comme un véritable auteur de Science Fiction, il fut admis au sein du club japonais très fermé, des auteurs de SF. Gô fut le deuxième dessinateur à être admis dans ce club après le grand Osamu TEZUKA. Fort de cet honneur, il se remet au travail et crée une nouvelle série SF avec pléthore de démons : Susano- O. La série cartonne et remporte même un grand prix décerné par les lecteurs , malgré une concurrence sévère de la part d’autres dessinateurs comme Shotarô ISHINOMORI (cyborg009) , Itsuki KAJIWARA (Kyojin no hoshi) ou encore Fujio AKATSUKA (Osomatsu Kun). Gô était enfin reconnu par tous après toutes ces années de dur labeur. Non seulement, ses manga se vendent à plusieurs millions d’exemplaires, mais les adaptations en animation pulvérisent tous les records d’audience au Japon ( Devilman, Mazinger Z), mais aussi en Europe avec le non moins mythique UFO Robot Grendizer, connu en France sous le nom de GOLDORAK. Les adaptations en animation vont alors se succéder en grand nombre, et c’est ainsi que plus d’un tiers des BD de NAGAI vont se mouvoir sur le petit écran, avec Cutey Honey, Magic Tickle ou encore Jushin Ryger entre autres.
6 ème et dernière partie:Gô NAGAI : l’art de se diversifier à tout prix.
Dès ses débuts, Gô a toujours essayé de se diversifier, de
faire du “touche à tout”, à la fois dans les divers domaines de la bande dessinée mais aussi dans d’autres domaines comme le cinéma ou encore l’écriture. Il fut par exemple, un des précurseurs dans le style des personnages dits
“Super-Déformés, ou SD”. Dans ses BD de type humoristique, il n’était pas rare de trouver un petit personnage, sorte de pastiche du maître, et appelé Hyakko. Ce petit personnage burlesque est souve,nt là pour accentuer un effet
comique ou expliquer une situation. Ce personnage est d’ailleurs devenu la mascotte de Dynamic Productions, une sorte de marque de fabrique Gô NAGAI, qui est maintenant aussi célèbre que son créateur.
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